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Peindre des coquelicots avec les coquelicots

Dans cet article,
– nous vous présentons nos tableaux célèbres préférés avec des coquelicots.
– nous vous expliquons comment nous peignons de jolies cartes coquelicots avec du jus extrait des pétales rouges.

L’été, j’ai toujours beaucoup aimé les objets décorés avec des coquelicots. Des nappes, des torchons, de la vaisselle, etc. Ces grosses taches rouge vif, ça illumine un intérieur. Mais ce n’est que depuis que nous avons emménagé dans notre nouvelle région, nous avons découvert de pleins champs de coquelicots. C’est magnifique !

Les coquelicots dans l’art

De nombreux artistes ont été inspirés par les magnifiques pétales rouges.

Mes préférés sont ceux de Claude Monet et de Georgia O’Keefe.

Dans son tableau de 1873, Les Coquelicots, Claude Monet a représenté 2 femmes et 2 enfants en promenade dans les champs. Tout un pan de colline est couvert de beaux coquelicots d’un rouge chatoyant. Bien sûr, les coquelicots ne sont que des taches colorées irrégulières, mais on ne peut s’y méprendre. Ca ne vous donne pas envie de courir au milieu des fleurs et des herbes ?

Tableau "Les coquelicots" de Claude Monet

Les coquelicots de Georgia O’Keefe (« Oriental Poppies ») sont une grande toile de 101 x 76 cm J’aime la manière dont Georgia O’Keefe peint ces fleurs en très gros plan et vues de dessus, alors que la plupart des natures mortes sont peintes en coupe ou en pied. Les fleurs sont si grosses qu’elles remplissent et même dépassent de la toile. Qui aurait pensé qu’une fleur si délicate puisse être  à la fois si imposante et si élégante ?

Tableau "Oriental poppies" (Les coquelicots), de Georgia O'Keefe

Activité créative : Peinture avec des coquelicots

Malheureusement, le coquelicot n’aime pas être coupé. En vase, il ne tient pas plus d’une journée. Donc depuis quelques années, dès que c’est la saison, nous récoltons des coquelicots et expérimentons comment les garder plus longtemps avec nous. Nous avons déjà essayé de faire du sirop pour la toux (ce sera l’objet d’un autre article). Cette année nous avons testé la peinture.

Faire du jus de coquelicots

Nous avons suivi les instructions du blog de Nature-Autonomie. Les pétales de coquelicots sont douces, très douces. Nous les avons détachées du pistil. Guilem les a patiemment pilées dans un mortier avec un peu d’eau. Le jus commence à sortir facilement. L’aide d’un adulte peut être nécessaire pour extraire tous les pigments. Et voilà ! Nous nous sommes retrouvé avec un fond de pot d’une aquarelle très naturelle. La couleur est beaucoup moins rouge que la fleur. On obtient plutôt un rouge très foncé tirant sur le violet, tout de même très jolis.

Preparer le materiel pour faire le just de coquelicots: mortier, pilon, eau, et petales
Piler les petales de coquelicots dans un mortier

Peindre des coquelicots très zen.

J’ai trouvé cette idée sur le compte Instagram de @cahiers_sauvages. Nous avons utilisé des cartes en carton épais (j’ai coupé des feuilles A4 en 4). Ensuite, nous avons déposé quelques ronds irréguliers sur la carte avec notre « aquarelle ». La couleur doit être assez épaisse. Puis nous avons relevé nos cartes pour laisser couler le surplus de peinture. Les lignes ont créé des tiges. Il ne restait plus qu’à attendre que la couleur sèche. Finalement, nous avons appliqué quelques touches de noir pour évoquer le pistil.

 Peindre ces cartes ne prend que quelques minutes, mais le résultat est tout-à-fait sympa.

Il fallait voir la tête de Guilem lorsque les premières tiges sont apparues et qu’il a « vu » les fleurs qu’il venait de peindre. Il était vraiment surpris. Mais après, il a voulu peindre une nouvelle carte, et une autre… 6 d’affilé. Et il ne s’est arrêté que parce qu’il n’y avait plus de cartes. Maintenant, nous avons une belle réserve.

Peindre des coquelicots: deposer le jus sur les cartes
Peindre des coquelicots: laisser couler le surplus de jus pour faire les tiges
Peindre des coquelicots: des petits points noirs pour les coeurs
Peindre des coquelicots: 6 jolies cartes terminees

Des coquelicots façon Georgia O’Keefe

En nous inspirant de Georgia O’Keefe, nous avons peint de gros coquelicots vus du dessus. Nous avons déposé plusieurs grosses tâches irrégulières sur la carte. Elles se chevauchaient les unes avec les autres, en laissant un petit espace blanc au centre. Les différentes couches et leurs irrégularités ont créé l’impression de chiffon des jolies pétales rouges.

Une fois la fleur principale sèche, nous avons tamponné un peu de peinture acrylique jaune dans la partie blanche, puis quelques points noirs pour représenter les étamines. Pas mal non ?

Peindre des coquelicots: etaler de la couleur pour les petales
Peindre des coquelicots: ajouter un peu de couleur pour le coeur et les etamines
Peindre des coquelicots: nos cartes terminees

Alors., dites-moi en commentaire lesquels vous préférez: coquelicots zen ou en gros plan ?

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7 idées d’activités créatives avec des pâquerettes.

Dans cet article, vous trouverez :

  • De nombreuses légendes sur la pâquerette : nos ancêtres autour du monde accordaient plus d’attention à cette petite fleur que nous.
  • 7 idées d’activités créatives, gustatives et cosmétiques autour des pâquerettes.

J’adooore cette saison. Et j’adooore les pâquerettes. Notre gazon ne désemplit pas de ces petites fleurs blanches. Nous tondons, elles repoussent. C’est une manne qui semble inépuisable, du moins pendant quelques mois. C’est notre quatrième printemps dans notre jardin. Nous avons donc eu de multiples occasions d’explorer le potentiel de ces belles, bellis perennis de leur nom latin.

Légendes autour des pâquerettes

Eugène Rolland rapporte la légende suivante dans son livre « Flore populaire ou histoire naturelle des plantes dans leurs rapports avec la linguistique et le folklore ». La pâquerette serait née des larmes versées par Marie Madeleine quand elle ne trouva pas Jésus dans son tombeau au jour de sa résurrection.

Selon une autre croyance populaire, les pâquerettes auraient d’abord été complètement blanches. Un petit berger, l’offrit à Jésus, qui le baisa du bout des lèvres. Le cœur de la fleur devint jaune d’or et que le bord se marqua de rose à l’endroit du baiser. Une autre légende veut qu’un jour l’enfant Jésus se piqua avec une épine. Pour le consoler sa mère lui cueillit une pâquerette. Une goutte de sang coula sur la corolle et depuis, les pétales de la petite fleur sont teintés de rose.

Les celtes pensaient que les pâquerettes avaient le pouvoir d’arrêter la croissance. Une fée Milka en aurait donné en cachette à un prince pour qu’il reste à tout jamais enfant.

Une légende nordique raconte que dans les sombres forêts les arbres souffraient de ne pas voir le ciel bleu durant l’hiver. Baldur, dieu de la lumière, fit apparaître à leurs pieds une toute petite fleur en forme d’œil – une pâquerette – pour les prévenir de l’arrivée du printemps.

La nymphe romain Belidès se transforma en pâquerette pour échapper aux avances de Vertumnus , le dieu des saisons, et de la croissance des plantes.

Que d’histoires pour une petite fleur bien modeste et bien souvent ignorée de nos jours !

Comment utiliser les pâquerettes ?

Il est toujours possible de faire des mini bouquets. Malheureusement, ces petites fleurs sont plus résistantes dans le sol que dans un vase. Alors, que faire d’autre ? Nous sommes passé à l’action.

1. Grignoter
Dans leur section du jardin, nos lapins Roudoudou, Petidou et Cachou adorent croquer une petite fleur par ci par là. Pas besoin de préciser qu’ils ont toujours la priorité. Nous jouons avec celles qu’ils ont bien voulu nous laisser.

Les paquerettes comme snacks pour lapins.

2. Observer
Avec une loupe, ou à quatre pattes et le nez dans le gazon (au ras des pâquerettes 😊), les lutins aiment observer les fleurs. Observer est une première étape importante pour apprécier la nature.

Observer une paquerette a la loupe pour mieux apprecier la nature.
Peindre avec des paquerettes

3. Dessiner et peindre
Bien sûr, nous pouvons dessiner ou peindre une pâquerette sur une feuille. Nous pouvons aussi les tremper dans la gouache pour s’en servir de pinceau – tampon naturel. Ou bien nous les posons sur du papier, et tamponnons de la couleur autour pour créer une empreinte. Il y a plus d’une manière de créer avec une fleur. Laissons gambader notre imagination.

4. Coller
Toujours dans la catégorie arts visuels, nous réalisons des tableaux floraux avec des herbes, des fleurs et des pétales de saisons. La pâquerette est une ressource abondante.

5. Tresser
Avec une aiguille, et un peu de patience et dextérité, petit lutin a percé les cœurs jaunes pour créer une jolie guirlande. Ces guirlandes ne tiennent pas très longtemps, mais font une très jolie décoration printanière. C’est un excellent exercice de motricité fine.

Faire une guirlande de paquerette pour developper la matricite fine.
Salade verte avec des paquerettes

6. Grignoter encore
De nombreuses études ont identifié de multiples propriétés aux pâquerettes. Elles contiennent de la vitamine A et des minéraux (potassium, calcium, magnesium, phosphore, fer). Au-delà de leurs propriétés, je trouve qu’elles décorent à merveille mes salades. Les fleurs ont un goût légèrement amer, et les fleurs chatouillent un peu la gorge. Cette semaine, j’ai bien envie de tester une omelette aux épinards et aux fleurs.

7. Hydrater
Pour la deuxième année, nous avons réalisé de l’huile de pâquerettes. Nous ramassons les plus belles fleurs et les faisons sécher. Puis nous les faisons macérer dans de l’huile végétale (pour nous de l’huile de tournesol organique). Après quelques semaines, elle prend une belle couleur dorée. Filtrée, et avec quelques gouttes de vitamine E, elle se conservera plus longtemps. Cette huile nous a servi tout l’hiver dernier pour nous hydrater le corps. Elle a un effet tonifiant et raffermissant des tissus: elle est recommandée pour hydrater la poitrine ou pour le ventre des femmes enceintes. Christophe, d’Althéa Provence, la nomme « l’esthéticienne des prés ». Vous pouvez consulter son article très complet sur les multiples vertues médicinales de la belle.

Ces idées vous inspirent-elles ? Et vous, que faites-vous avec des pâquerettes ?

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Plaisir des yeux: Gazon et chanson: Pâquerette de With Confidence

Notre gazon est tout beau, tout vert, avec plein de petites pâquerettes, pour notre plus grand plaisir et celui de nos lapins.

Donc cette semaine, je vous propose d’écouter une chanson d’amour, ou plutôt de fin d’amour du groupe australien With Confidence. Cette chanson s’intitule Pâquerette mais n’a en fait pas grand-chose à voir avec la petite fleur printanière (a part la première phrase : “You smell of daisies from the flowers in your hair”).

J’ai surtout aimé les messages d’empathie, d’espoir et d’amour qui émaillent le clip officiel. J’en ai traduit plusieurs.

  • J’espère que la vie te traite bien.
  • Tu es aimé.
  • Prends le temps de t’occuper de toi.
  • J’espère que tu apprends à t’aimer toi-même.
  • Continue à faire des efforts pour obtenir ce que tu veux.
  • J’espère que tu as trouvé ta voie et créé la meilleure vie possible.
  • Ta vie n’est peut-être pas toujours drôle mais j’espère que tu as de bons moments.
  • J’espère que tu vas bien et que tu as trouvé qui tu voulais vraiment être.
  • Tes rêves sont magnifiques.
  • Je crois toujours en ta liberté.
  • J’espère que tu as trouvé la paix.
  • Tu en vaux la peine.
  • J’aurais aimé être là pour toi comme tu as été là pour moi.
  • Pardonne toi.

Nous avons tous besoin d’aimer et d’être aimé.

N’hésitons pas à envoyez des ondes et des messages positifs à ceux qui nous sont chers.

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Activité créative : Peindre un soleil brillant.

Quand il fait beau, nous aimons bien nous installer au jardin pour des activités artistiques.

Une création sur le thème du soleil s’imposait pour célébrer le retour du beau temps. Celle-ci était simple et rapide, mais avec un résultat final coloré et très satisfaisant pour les lutins.

Pour cette activité, nous avons utilisé :

  • Du papier entoilé en format A4 : le papier entoilé est comme une toile sans cadre. On peut le travailler à plat comme une feuille de papier. Il accroche la peinture comme une toile. On peut jouer avec les épaisseurs sans risque de trouer la feuille.
  • De la peinture acrylique. Elle sèche vite. Les couleurs sont vibrantes.
  • Du papier à motif, ici du papier pour origami
  • Des sequins et paillettes
  • De la colle ou du vernis colle
  • Un marqueur
  1. Les enfants ont tracé un grand cercle, ou plutôt une section de cercle sur le papier.
Dessiner le pourtour du soleil

2. Ils ont peint les sections du soleil et du ciel. Cela a été l’occasion de jouer avec les couleurs et l’épaisseur de la peinture. Nous aimons bien passer un pinceau sec et dur sur de la peinture encore fraiche pour créer des effets de texture.

Peindre le soleil

Peindre le soleil

3. Le plus difficile a sans doute été de choisir le papier origami dans lequel les lutins voulaient découper les rayons. Ils les ont ensuite collés. Le vernis colle protège mieux le papier.

Coller les bandes de papier pour faire les rayons du soleil.

4. Sequins ou paillettes donnent un petit côté brillant à la réalisation. (malheureusement, ca ne ressort pas bien sur la photo).

5. Et pour finir, un petit message positif finit d’illuminer notre journée.

Ecrire un message positif pour illuminer le tableau.

Et voilà une petite création qui nous aura pris une petite heure (cela inclut des phases de séchage plutôt longue car les lutins aiment bien faire des séances de trampoline entre 2 couches).

Qu’en pensez-vous ? Ca sent l’été ?

Un soleil bien brillant, pres a etre offert.

Et en bande sonore: Deux enfants au soleil, de Jean Ferrat

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Plaisir des yeux: Sous le soleil de Pissaro exactement

Ca y est. Il fait enfin beau. Il était temps vu que l’on est déjà au mois de juin.

Alors célébrons l’arrivée de l’été avec ce magnifique lever de soleil coloré de l’artiste impressionniste Camille Pissaro. Il représente tout ce dont j’ai besoin en ce moment : la chaleur, la mer, un grand bol d’air frais.

Et vous, vous rêvez à quoi en ce moment ?

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Plaisir des yeux: May Day (Fêtes de mai)

A l’ère de la covid, qu’il semble loin le temps où les gens pouvaient se rassembler et fêter ensemble, où les enfants pouvaient se donner la main pour une ronde sans avoir à se passer ensuite au gel désinfectant.

Maurice Prendergast (1858 – 1924) est un artiste américain post impressionniste du début du XX siècle. Il a peint plusieurs aquarelles sur les fêtes de Mai à Central Park. J’aime beaucoup l’atmosphère qui s’en dégagent. On sent les gens heureux du retour des beaux jours et du plaisir d’être ensemble.

Allez, bon courage à tous. On finira bien par en voir le bout.

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Plaisir des yeux : les cerisiers d’Hiroshige

En ce beau jour de la terre, je vous offre un petit moment de beauté autour des cerisiers en fleurs de l’artiste japonais Hiroshige (1797 – 1858). Parce qu’un peu de beauté nous aidera certainement à finir cette semaine.

Les sakuras japonais sont célèbres et des visiteurs viennent du monde entier pour les admirer. Les cerisiers de Bonn sont moins connus, mais tout aussi magnifiques (Cette opinion ne concerne que moi. Je ne suis pas allée au Japon. Amis japonais, si vous m’invitez, je suis prête à réviser mon opinion.)

Ces œuvres japonaises font partie de l’art Ukiyo-e, c’est-à-dire des œuvres faites à partir de block de bois sculptés, couverts d’encre appliqués sur du papier.

Il y a des activités sympas inspirées de cet art à faire avec les enfants. Si cela vous intéresse, laissez-moi un petit mot dans les commentaires. Je vous montrerai ça bientôt.

Bon mercredi, et bonne deuxième partie de semaine.

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Plaisir des yeux : le magnolia de Matisse

Je vous offre un petit moment de beauté autour du magnolia pour célébrer le milieu de la semaine : le magnifique arbre en fleurs de mon jardin – dans lequel les lutins adorent grimper – et un tableau de Matisse.

Cet arbre était déjà grand lorsque nous avons emménagé durant l’hiver 2017-2018. Quelle surprise de le voir fleurir durant le premier printemps. Et chaque année, il nous offre ce spectacle magnifique. Son cycle de vie est intéressant : les bourgeons sont sur l’arbre presque tout l’hiver. Les fleurs s’ouvrent vers le mois d’avril. Puis les feuilles poussent. Parfois nous avons la chance d’avoir une deuxième floraison plus tardive. Puis un gros fruit vert apparait (désolé je ne connais pas le nom botanique). Les feuilles tombent. Les bourgeons apparaissent et on recommence.

Evan et Guilem adorent grimper dans ses branches toute l’année. Mais c’est au printemps que les photos sont les plus jolies.

Les magnolias ont inspiré plusieurs artistes, dont Henri Matisse. J’aime beaucoup ses toiles sur fond rouge dont cette « Nature morte aux magnolias » de 1941. La fleur est coupée et pourtant son énergie irradie et semble éclairer les objets sur la table.

Bon mercredi, et bonne deuxième partie de semaine.

Credit photo: Tableau de Matisse: Benjamin, 2011, Flickr

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Cœur de glace

Non, je ne prétends pas être la reine des neiges et je ne vais pas me mettre à chanter. Mais cet hiver a été particulièrement froid et il a fallu user de beaucoup de créativité pour trouver des avantages et apprécier l’extérieur. Comme j’étais toujours gelée – au contraire des garçons qui ont dû hériter de sang viking à la grande loterie génétique – je me suis dit qu’on pourrait aussi bien faire geler d’autres choses.

Et là m’a pris une grande nostalgie de mes années québécoises. C’est vrai qu’à l’époque, j’étais moins frileuse. (Presque vingt ans sous les tropiques, ça laisse des traces dans le baromètre interne). A l’époque, nous allions faire du ski de fond le week-end même quand les températures avoisinaient « moins beaucoup ». Nous savions nous habiller à la mode pelure d’oignon pour mieux supporter le froid. Nous avions toujours une pelle à portée de main pour déneiger l’entrée de l’immeuble ou la voiture (ça, pour le coup, ça ne m’a pas trop manqué). Et il y avait le carnaval de Québec.

Avez-vous remarqué ? Il y a des carnavals partout dans le monde, tous différents. Un des points qu’ils ont en commun, c’est que les gens du coin les trouvent fantastiques et font d’énormes efforts pour préparer et fêter, alors que les autres, les visiteurs, ont souvent du mal à comprendre les célébrations et à apprécier le fun. C’est ce que j’ai éprouvé la première fois que j’ai vu un groupe en maillot de bain se jeter dans un bain de neige par moins vingt degrés pendant le carnaval de Québec (alors que moi je me gelais les pieds et les mains même en version textiles thermiques multicouches). Par contre, pas besoin d’explications détaillée ou de longue initiation pour apprécier la beauté des sculptures de neige, et le palais en glace de Bonhomme (la mascotte du carnaval). Chaque année, une grande structure en glace, que l’on peut visiter, est érigée à l’entrée de la vieille ville. La nuit, qui arrive tôt, des spots projettent des lumières colorées à travers les parois translucides. C’est très froid (Bonhomme est bien couvert, et il a l’habitude), et très beau.

Le chateau de glace du Bonhomme au carnaval de Quebec

Retour à notre hiver européen. Nous avons aussi voulu jouer avec les couleurs, la lumière et la glace, mais nous avons opté pour une version moins grandiose de guirlandes de glace. Décorées de matériaux naturels et suspendues sous la galerie devant la cuisine, elles ont accroché les faibles rayons du soleil hivernal et mit un peu de peps et de gaité dans notre jardin endormi.

Nous avons utilisé :

  • Des moules en silicones (nous avons essayé d’autres supports aussi – des ramequins en verre, et des couvercles de pots de fromage blanc – mais quelle galère pour démouler)
  • Des peaux de clémentines, des branchettes de cyprès, des feuilles et boules de houx. Pleins d’autres éléments de décorations peuvent être utilisés : paillettes, petits cailloux, mini jouets, etc. Fouillez donc vos tiroirs et votre jardin.
  • De l’eau
  • Des bouchons en liège
  • De la ficelle
Placer les decorations dans les moules pour faire des sculptures de glace

Notre activité :

  • Nous avons dispersé des décorations colorées au fond des moules.
  • Puis nous avons versé de l’eau doucement. Les décorations se sont mises à flotter (il a fallu en replacer certaines). Nous avons choisi de garder le côté orange des peaux de clémentines sur l’extérieur pour avoir une couleur plus vive, mais nous aurions aussi pu alterner.
  • Nous avons ensuite placé des bouchons de liège lesté avec de petites pierres pour créer des trous d’accrochage.
  • Une bonne nuit dehors, par température négative (ou au congélateur pour les chanceux qui ont un hiver doux), et le tour est joué.
  • Ne reste plus qu’à démouler le lendemain, à enlever les bouchons, et à accrocher à l’extérieur.
  • Les petites décorations dans les moules à mini kouglof ont fait une jolie guirlande. Mais notre favori est sans conteste le grand cœur glacé que j’ai accroché au matin de la St-Valentin.

Découvertes et réflexions :

  • Cette activité est adaptée à tous les âges. Les décorations peuvent être très simples ou plus élaborées en fonction du goût et de la patience de chacun.
  • Aller à la chasse au trésor dans la maison ou le jardin pour trouver des décorations fait partie du plaisir.
  • Certaines décorations flottent mieux que d’autres. C’est l’occasion de créer des couches.
  • Les bouchons restent en place dans quelques millimètres d’eau, mais doivent être lestés lorsque le niveau d’eau monte. Ah, la puissance de l’élément liquide ! Nous avons (trèèès) brièvement parlé de la poussée d’Archimède, mais il faudra que nous explorions ça plus en détail plus tard.
  • Il faut attendre que l’eau gèle. Nous avons pu observer la formation d’une fine couche de glace assez rapidement. Pour les plus impatients (c’est souvent le cas des plus petits), il peut être frustrant de ne pas avoir de résultat immédiat : on apprend la patience. Pour les plus autres, l’attente peut augmenter l’excitation. Même si on a tous déjà vu des glaçons, il y a un côté magique à découvrir les décorations le lendemain matin.

Les supports audio-visuels qui nous avons utilisés pour nous mettre dans l’ambiance :

  • Le globe terrestre pour localiser le Canada et la ville de Québec
  • Photos de sculptures de neige et de glace sur internet
  • Videos de la course de canots sur le St-Laurent gelé : Ça a beaucoup impressionné les enfants – il faut dire qu’il y a de quoi
  • Audio : Jonna Jinton, Singing Ice – 2 hours raw ice sounds (Glace chantante – sons produits par la glace) , https://www.youtube.com/watch?v=Qd-CwJa1SHE

Et vous, le froid, ca vous inspire ou ca vous laisse de glace? N’hesitez pas a nous en faire part dans les commentaires, ci-dessous.

Credit photo:
L’Art d’Apprendre
Palais de Bonhomme, Stagiairec, 2018